Aucun contrat ne nous lie à la rationnalité

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Messagepar Oracle » 20 Février 2017, 21:41

- Sweina ? Vous êtes levée ?

La voix de Klinedg était, malgré le sas, nettement perceptible. Ce gaillard s'exprimait avec une foi inébranlable, toujours sûr de lui. Enfin presque, avec ce qu'avait découvert hier soir Lyn...
Lorsqu'il entra avec l'autorisation de sa "maîtresse", cette dernière le retrouva tel que la veille. Avait-il passé la nuit avec son armure ? Ce qui était certain, c'est qu'il ne l'avait pas passée à dormir. Au cours de la nuit, Lyn avait pu l'entendre envoyer un "dégage..." glaçant au garde de faction. Garde qui ne devait certainement pas être revenu demander son reste, la vision d'un colosse de nuit - même s'il y avait de l'éclairage - ne devait pas être une vision très charmante.
Sur le visage du géant, aucune trace des tourments qui semblaient l'agiter la veille. Son regard s'était fait d'acier et il semblait de nouveau lui-même. Un bon point pour la suite de la journée.

- Rad'ast vous attend un peu plus tard dans la journée, fit-il. Si vous avez l'intention de contacter votre comptable, ça peut être le bon moment. A titre personnel, j'irai bien prendre l'air.

Une façon comme une autre de signifier que lui aussi se sentait épié ici. Aller dehors ne signifiait que respirer l'air vicié des bas-fonds, et aucunement voir la lumière du Soleil.


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#80BFBF Nav'ka Klinedg
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Re: Aucun contrat ne nous lie à la rationnalité

Messagepar Lyn Aylak (Hexner) » 20 Février 2017, 22:48

Dormir, durant les missions, était parfois un véritable luxe. Soit parce qu'il n'y avait pas de structure permettant le repos, soit parce que l'environnement immédiat vous rendait tellement paranoïaque que vous auriez plus abattre un pauvre cafard mutant à trois têtes pour délit de sale gueule et regard de travers.
Dans le cas présent, l'ennemi de Lyn n'avait été que son propre esprit. Pas une grosse menace au demeurant mais juste assez pénible pour rendre la nuit un tantinet inconfortable, hantée de rêves stupides. Heureusement pour elle, l'agent n'en avait conservé aucun souvenir et avait rapidement reprit le contrôle de son sommeil.

Bref.

Le matin était arrivé de son pas traînant typique de la Ville-Basse. Du moins, c'était ce que toute horloge, montre ou indicateur temporel s'efforçait à affirmer car il fallait vraiment être doué pour être capable, sans le moindre repère ou appareil technologique de faire la différence entre le jour et la nuit.
Sur certaines planètes, il existait des créatures réputées pour se manifester avec beaucoup de bruit quand l'astre diurne se levait mais, sur Coruscant, il n'y avait rien de ce genre. Parfois, on pouvait trouver un individu typique d'une certaine tranche horaire mais le règne animal sur ce monde n'en avait franchement rien à cirer de l'heure qu'il était. Trop de mutation sûrement. Et un appétit nettement plus fiable que toutes les breloques de la galaxie. Quand il était l'heure de manger, le jour ou la nuit n'avaient pas la moindre importance.

A un niveau extrêmement localisé, un certain agent découvrit qu'elle avait à son service un réveille-matin très efficace bien qu'encombrant, ne tenant pas sur une table de chevet. Le Klinedg, garde du corps attentionné. Si elle n'avait pas été réveillée, le colosse l'aurait découverte au saut du lit et elle se serait peut-être livrée à une comédie érotique pour les beaux yeux d'un fouinard au service de Rad'ast. Qui sait, son compagnon d'armes en aurait peut-être rougi en passant ? Non, il en avait vu d'autre et ce n'était pas une fille comme Lyn qui allait faire bouillir le sang d'un grand dadais comme lui, hein ?
Entrant à son invitation, le guerrier était égal à lui-même. Dans son armure, impassible, le regard solide. La jeune femme fit une petite moue. Ce bloc de métal était tel une seconde peau pour cet homme ! Si elle ne l'avait pas vu sans, elle aurait pu être persuadée qu'elle était greffée sur lui, faisant de lui une créature vraiment très bizarre. Enfin, ce n'était pas comme s'il n'avait pas une sorte de carapace naturelle invisible de toute façon.
Bref. Le bon point, c'était qu'il avait chassé de son esprit ce qui le chagrinait la veille. Du moins, en apparence. Ce qui remit en mémoire les articles que la jeune femme avait lu sur Holonet.

Klinedg ouvrit la bouche. Comme Lyn s'y attendait, ce n'était que pour l'informer de la suite des évènements. Rendez-vous avec Rad'ast. Chic alors ! Ce charmant gaillard manquait déjà à l'agent et elle se faisait une joie -mesquine- à aller le saluer. En bosseur qu'il était, il avait déjà du consulter son terminal et découvrir le petit cadeau qui s'y trouvait. Elle se retint de rire à grand peine et autorisa un rictus de Grand Maître du Mal Maléfique passer sur son visage fugitivement.
Qu'il était méchant de se moquer du malheur des autres, quand même ! Vilaine fille, très vilaine !
Le colosse mentionna le comptable imaginaire et... arracha un haussement de sourcils involontaire à la jeune femme. Elle n'en croyait pas ses oreilles. Etait-elle encore en train de rêver ? Son compagnon ne venait-il pas d'exprimer un avis là ? Mieux, un semblant d'envie ?!
Sans réfléchir, elle tendit la main et la posa sur le pectoral de Klinedg avant de lui adresser un petit sourire. Un échantillon d'un vrai en plus. De quoi lui vriller les tripes et faire pétiller son cœur tendre. Et elle laissa Sweina prendre la place car il fallait bien sauver les apparences.

- Je vois, je vois. Elle se mit à tapoter l'armure avec les doigts tandis qu'une expression désabusée se peignait sur son visage. Le bon moment pour lui passer le savon de sa putain de vie surtout, mon p'tit Klinedg. Ouais ouais ouais ! Ce petit con devait être trop occupé à brouter du gazon ou à faire des folies de son corps au rythme d'une cravache pour répondre à la Grande et Magnanime Sweina de Kuat ! Lyn avait injecté un peu d'emphase outrée dans son petit discours afin que les oreilles indiscrètes de leur hôte en prennent plein les oreilles et se délectent de la folie contenue de la soi-disant criminelle ici présente. Enfin...

L'agent adressa un clin d'œil complice à Klinedg tandis qu'elle retirait sa main de sur son armure. Elle fronça alors les sourcils, croisa les bras, frappa du pied et prit son air le plus indigné possible.

- Prendre l'air ?! Ah ! Je viens ! Son expression fut traversée par un soupçon de folie pétillante. C'est coquet ce p'tit coin mais rester trop longtemps enfermée, c'est comme quand j'étais gamine... Profond soupir. Allez, en route. Ah, tu veux pas m'porter dis ? J'ai mal dormi cette nuit et... Non, hein ? Ouais, ça ferait désordre.

Lyn éclata de rire. Elle avait peut-être grossi le trait mais c'était une occasion comme une autre de taquiner un peu le colosse. Le déstabiliser était un passe-temps agréable après tout. Comme d'enquiquiner un peu les gens comme lui. Derrière leur masque de rigueur, ils cachaient souvent un maelström d'émotions qui ne demandait qu'à exploser.
Joignant le geste à la parole, elle sortit de sa chambre en prenant une démarche digne, presque royale. Avec un garde du corps capable de plier sans effort le premier emmerdeur venu, elle pouvait largement se le permettre, non ? Elle ne mit pas longtemps à dénicher ce qu'elle cherchait : une victime ! Enfin, un garde de Rad'ast. Elle s'approcha du bougre de son allure impériale, le toisa en levant un sourcil altier.

- Je veux faire un tour avec mon garde du corps. Prévenez Rad'ast que je ne serais pas absente longtemps et guidez-moi jusqu'à la sortie. Comme si elle n'était pas capable de retrouver son chemin toute seule comme une grande, hein ? Mais il fallait bien sauver les apparences. Elle était ici officiellement pour acheter des armes, pas pour fourrer son nez partout avant de leur faire exploser la gueule dans la joie et la bonne humeur. Vous serez bien brave, mon mignon.

Et, en bonne emmerdeuse, elle croisa les bras en prenant une posture arrogante et altière, signifiant à son vis à vis qu'elle lui accordait, dans son immense bonté, un délai pour obtempérer à ses directives.
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Re: Aucun contrat ne nous lie à la rationnalité

Messagepar Oracle » 04 Mars 2017, 16:34

La petite tentative de déconcentration n'eut aucun effet sur le fier gaillard qu'était Klinedg. Son impassibilité était en place et ne se fissurerait pas pour si peu. Après tout, le géant était un véritable professionnel, dont l'expérience dépassait de loin celle que Lyn avait pu vivre jusqu'ici. Un garde du corps se devait de rester de marbre en toute circonstance, un moyen comme un autre de montrer qu'il maitrisait toujours la situation.
Et Klinedg ne se laisserait pas aller sous prétexte qu'il était dans un lieu clos. Surtout celui-ci !
Lyn n'eut donc droit qu'à un signe de tête de la part du gaillard, avant que celui-ci ne lui emboîte le pas.

- J'ai dégagé le garde de faction à la porte cette nuit, précisa-t-il lorsqu'il vit que Lyn en cherchait un du regard.

Pas besoin de se demander s'il était revenu.

- Peut-être par là, lui avait-il alors proposé.

En direction vers la sortie, ils dégottèrent ce qu'ils cherchaient, en la personne d'un garde qui leur jeta un regard suspicieux plutôt qu'effrayé. Ce gars-là était un habitué de l'endroit et moins impressionnable que d'autres. Il ne devait cependant Y avoir aucune règle contre les "sorties" car l'homme acquiesça prudemment, leur faisant signe de le suivre.
Par le biais de l'ascenseur qu'ils avaient emprunté à l'allée, il les reconduisit auprès du Veilleur, toujours fidèle à son poste. Ce dernier se leva à leur arrivée, mais fut tout simplement ignoré par le garde, lui tirant une mine déconfite.

- Veilleur ! l'interpella néanmoins leur guide en remarquant que le pauvre homme ne bougeait pas.
- O-oui tout de suite ! se réveilla Veilleur.

Une fois la porte déverrouillée par ses soins, il se tint bien droit en jetant des coups d'oeils rapides vers Lyn et le mercenaire.

- Je vous laisse ici Madame, fit ce dernier en s'inclinant respectueusement. N'oubliez pas que le commandant Rad'ast vous attendra ce matin.

Sur ce il fit demi-tour en les laissant seuls avec le Veilleur, et la liberté devant eux.

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Le Veilleur semble vraiment souffrir de sa situation. Si tu trouves les bons mots pour lui parler (le réconforter/le faire réagir/...) en sortant, tu obtiendras peut-être une information de sa part - avec ou sans dé de charisme je te le préciserai quand tu auras posté.

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Messagepar Lyn Aylak (Hexner) » 04 Mars 2017, 18:06

Ah, vraiment. L'agent et le garde du corps faisaient la paire ! Pauvres gardes. Ils devaient avoir passé une sale nuit avec ces invités intenables. Enfin, ce n'était pas comme si Klinedg avait cassé quelqu'un en deux ou si Lyn, dans un élan créatif dans son rôle de Sweina, avait initié une victime aux joies des séances sado-masochistes rodiennes dans leur forme la plus pure.
Rad'ast aurait eu à payer une sacré note chez le psy pour son homme de main. Ou l'aurait achevé pour abréger ses souffrances peut-être ?
Toujours est-il que la jeune femme se contenta d'un hochement de tête là où elle avait sacrément envie de rire. La tête du garde avait dû valoir le détour d'être ainsi intimidé par un colosse qui pouvait sûrement vous broyer la tête sans forcer histoire de se passer le temps.

Bon.

Sortir était nettement plus facile qu'entrer. Etonnant ? Pas le moins du monde car, si vous aviez réussi à entrer, c'était que vous aviez réussi à montrer patte blanche. De plus, si des soupçons pesaient vraiment sur Lyn, on ne l'aurait pas laissée libre du moindre mouvement. Pire, on serait occupé à lui tirer les vers du nez de la façon la plus inconfortable et la plus désagréable qui soit.
Mais, bref, l'heure n'était pas à tergiverser sur le sujet.
Après tout, elle avait son allure d'impératrice sociopathe à soigner là. Sans un mot, elle suivit l'homme et patienta dans l’ascenseur durant la descente. Elle s'autorisa une petite moue au gré des cahots mais se retint de pester. Cela faisait partie du décor et râler pour un tel détail ne lui vaudrait rien.

De retour dans les parages du Veilleur, la mine de ce dernier n'échappa guère au regard inquisiteur de la jeune femme. Nul besoin de le connaître intimement pour sentir qu'il n'était pas dans son assiette. Son poste lui déplaisait-il à ce point ? Il semblait taillé pour, pourtant. Observateur, d'apparence assez banale pour qu'on ne le remarque pas et sûrement doté d'une excellente mémoire, il était le premier obstacle que devait franchir quiconque ayant le désir de pénétrer en ces lieux. Pourtant, il détonnait étrangement avec le reste de la faune locale.
Mais en quoi ?
Lyn fronça franchement les sourcils quand le garde aboya sur le Veilleur. Elle prit bien soin d'être vue par ce dernier en espérant qu'il comprenne bien que son mécontentement ne lui était pas destiné mais bien adressé à cet abruti de pseudo-soldat se prenant pour le maître des lieux. Etait-ce une manœuvre de sa part ? Oui et non. Son boulot était peut-être de manipuler des gens mais de voir un tel spectacle, même si la victime faisait partie du cercle de ses ennemis, lui retournait l'estomac. Même dans certains cercles criminels, un type comme le Veilleur était mieux traité. Respecté même !
La jeune femme recomposa un masque neutre tandis que le portier déverrouillait l'accès et elle se contenta d'un simple hochement de tête quand le mercenaire lui remit en mémoire son entrevue avec Rad'ast. Non, pardon, avec le commandant Rad'ast. Voila un terme qui sonnait étrangement aux oreilles de la jeune femme. Et qui dissipait peut-être un peu le voile entourant les relations entre le Veilleur et le reste des occupants des lieux.
Ce pauvre bougre sentait le civil à plein nez, voila ce qui ne cadrait pas avec les troupes du rattataki. Même si ce n'était pas une raison pour le traiter comme un meuble encombrant mais ayant une once d'utilité malgré tout, ils ne frayaient pas dans le même monde. Pourtant, Rad'ast semblait lui accorder assez de crédit mais n'importe quel commandant ne ferait-il pas la même chose avec un élément de valeur, militaire ou non ? La jeune femme se souvint alors de sa remarque amusée tandis qu'ils franchissaient un contrôle de gardes. Le Veilleur n'en menait déjà pas large -la faute à la réputation de Sweina- mais il avait surtout eu l'air d'être une pauvre bestiole prise entre un Rancor et un Dragon Krayt.
Allait-elle éprouver de la compassion pour un homme travaillant pour une mystérieuse et dangereuse organisation aux objectifs malsains ? Peut-être. Après tout, il y avait probablement quelque chose à tirer de ce pauvre type, non ?

La jeune femme coula un regard en arrière pour vérifier que le garde n'était plus là. Elle n'en avait pas besoin mais un tel geste pourrait mettre son interlocuteur dans une meilleure condition. En somme, lui montrer qu'on ne veut pas qu'il se fasse taper sur les doigts si on lui tend une main aimable.
Elle hésita même une seconde à lancer son Klinedg personnel sur les pas du vil personnage pour se voir offrir une rapide leçon de politesse mais renonça. C'était l'éducation de toute la racaille de cet endroit qu'il fallait refaire.
A la place, conscience de la terreur que Sweina inspirait à ce pauvre type, elle se fendit d'un petit sourire compatissant. Elle lui aurait bien touché l'épaule en un geste réconfortant mais elle craignait qu'il ne tombe dans les pommes en se pissant dessus si elle avait le malheur de l'effleurer.

- Bonjour Veilleur. Fit-elle d'une voix tranquille, en lui adressant un regard à la fois amical et critique. Tu me sembles en moins bonne forme qu'hier dis donc. Il faut prendre soin de toi mon ami, tu es le pilier de cet endroit après tout. La jeune femme s'autorisa un nouveau petit sourire avant de pousser un profond soupir. Dommage que tes petits camarades ne te voient pas comme moi j'te vois. Encore un peu et je t’achèterais bien avec mes autres jouets tiens...

L'agent émit un petit rire amusé tout en prenant soin de ne pas quitter le Veilleur des yeux, histoire qu'il sente bien que ce n'était pas totalement une plaisanterie. Après tout, elle s'était bien offerte un Klinedg et ce n'était même pas son anniversaire donc, elle pouvait bien également se payer un autre jouet si l'envie lui en prenait, non ? Quitte à le débaucher sans vergogne des mains d'un puissant et terrifiant personnage. Cependant, ce que l'intéressé ignorait, c'était que la jeune femme ne saurait absolument pas quoi faire de sa nouvelle "acquisition". Le livrer au Service ? Peut-être. Ou alors, le confier à un certain Nikto qui s'en frotterait les mains jusqu'à leur faire prendre feu ? Le choix était difficile mais la balle était dans le camp du Veilleur. S'il ne réagissait pas bien aux propos de la folle furieuse qu'elle incarnait présentement, elle ne pourrait pas grand chose pour lui. A part le faire assommer par son garde du corps dans l'optique de le kidnapper.

- Bon, c'était sympa de te croiser. On va aller prendre l'air maintenant. Je compte sur toi pour m'ouvrir la porte avec ton plus beau sourire quand on reviendra, hein ?

Bon.
Tant pis.
Elle avait craqué et tapoté la joue du Veilleur avec douceur avant de lui envoyer un clin d'œil complice. Après tout, elle était cinglée, non ? Alors autant coller au personnage. D'autant que si l'intéressé comprenait qu'il avait droit à un traitement de faveur de sa part, il pourrait bien se révéler utile à plus ou moins long terme, non ?
Bref, elle fit un petit signe -pour la forme- à l'intention de Klinedg et franchit la porte d'un pas tranquille. Si le pauvre bougre n'était pas mort d'une crise cardiaque ou si son cerveau n'avait pas disjoncté, il aurait tout le temps de lui adresser quelques mots si le désir lui en prenait. Même qu'elle pourrait bien lui accorder toute son attention.
Le pauvre.
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Re: Aucun contrat ne nous lie à la rationnalité

Messagepar Oracle » 05 Mars 2017, 15:07

D'abord inquiet, toujours méfiant, le visage du Veilleur s'éveilla d'une lueur d'espoir après un moment. Sans doute l'attention de Lyn lui avait-il fait du bien, car avant que le sas ne se referme derrière les deux compagnons, il leur murmura quelques mots :

- Surveillez vos arrières, chuchota-t-il.

Et le sas se referma avant que Lyn n'eut pu ajouter un mot. Klinedg échangea un regard biaisé avec la jeune femme.

- Salopards, dit-il simplement. Je déteste être suivi.

Ils reprirent leur chemin, sans trop savoir où ils allaient pour le moment. Le but était tout d'abord de s'éloigner de l'endroit. Si Klinedg jetait de brefs coups d'oeils autour de lui, il ne donnait pas non plus l'impression de se sentir suivi. Ce ne devait pas être une première pour lui et savait comment gérer ce genre de situations. Que pouvait-il avoir bien vécu d'autres ? En tout cas il se tenait bien prêt de la jeune femme, presque collé à elle à cause de la foule.

- Tu as trouvé quoi durant la nuit ? demanda-t-il.

Visiblement il n'était pas dupe non plus de la petite escapade de Lyn. Etait-il venu la voir dans sa chambre tandis qu'elle était partie ?

Re: Aucun contrat ne nous lie à la rationnalité

Messagepar Lyn Aylak (Hexner) » 05 Mars 2017, 16:42

Trois mots.
Voila la réponse du Veilleur.
Un avertissement et une tête qui en disait très long sur le fond de sa pensée. Singulier mélange qui manqua de faire sourire la jeune femme. Ainsi, le pauvre bougre avait mordu à l'hameçon. Il pouvait également jouer un double-jeu mais Lyn en doutait. Elle avait vu comment les autres le traitaient la veille et il ne simulait pas.
Bref, il devenait un potentiel atout supplémentaire dans la manche de l'agent. Restait à savoir quand et comment en faire usage à bon escient.

Un regard partagé avec Klinedg plus tard et ils étaient partis.

Elle se contenta de hausser les épaules à la remarque de son garde du corps. Etre suivi faisait partie des risques du métier et ça n'avait jamais rien d'agréable. Surtout quand le boulot était fait par des amateurs. Toutefois, dans le cas présent, les choses risquaient d'être plus compliquées. Les hommes de Rad'ast n'étaient pas de petites frappes des bas-fonds et l'on ne pouvait être tout à fait certain que leur objectif se cantonnait à de la simple surveillance.
Avaient-ils des soupçons ? Peut-être. Mais cela pouvait simplement être la manifestation de la paranoïa présidant à cette organisation aussi. La chambre était bien sur écoute alors pourquoi ne pas filer le train aux invités aussi ?
Saleté de Rad'ast !
L'agent comptait sur la vigilance de Klinedg. Si elle se mettait à scruter par dessus son épaule également, elle se rendrait immédiatement suspecte alors que le colosse ne faisait, après tout, que son boulot. Elle allait donc devoir ronger son frein et ça lui déplaisait. La situation était bien trop délicate pour se permettre le moindre faux pas.

La question de son compagnon d'armes la fit sourire. Elle pensait avoir été discrète mais soit cet homme avait un sixième sens, soit il avait cherché sa compagnie durant son absence. Peut-être avait-il éprouvé le besoin de s'ouvrir à elle de ce qui le tracassait ? Elle sentit un fugitif pincement à cette idée mais l'écarta sans ménagement. C'était un grand garçon et la mission était prioritaire, ils en avaient conscience tous les deux. De plus, s'il était vexé d'avoir été écarté, il ne s'en ouvrit pas.
Bon point pour lui.
Elle se passa la main dans les cheveux, pensive. Que pouvait-elle se permettre de lui dire exactement ? La jeune femme fronça les sourcils. Connerie ! Le protocole stipulait généralement que les civils ne devaient en savoir que le moins possible.
Qu'il aille se faire foutre !

- Des noms de clients, des détails de commande, les plans de l'installation et des codes d'accès. Elle grogna. De quoi se balader dans tout ce beau bordel qui est nettement plus grand qu'on ne pourrait le penser et s'enfonce sous nos pieds...

Inutile d'entrer dans les détails concernant ce sujet-là. Klinedg avait sûrement assez d'imagination pour saisir les sous-entendus. L'agent hésita alors à mentionner le petit "cadeau" qu'elle avait laissé à Rad'ast, haussa mentalement les épaules et décida d'être totalement honnête avec son compagnon.

- Je n'ai pas mis la main sur un éventuel inventaire. Peut-être dans les niveaux souterrains. Elle se fendit d'un petit rictus mauvais. Et j'ai profité de l'occasion pour laisser un "cadeau" à Rad'ast. Il sera ravi de voir son terminal lui claquer entre les pattes.

A défaut d'avoir pu implanter un espion bien pratique dans ledit terminal, bien sûr mais la fierté d'agent de la jeune femme lui interdit d'en faire mention. Il y avait des limites aux choses dont on pouvait parler et son geste passerait pour une vengeance bien mesquine suite à un échec de sa part.
Lyn scruta un peu les environs et fit un petit signe à Klinedg.

- Que dirais-tu d'un petit déjeuner ? Tu connais peut-être un bouge qui sert une gamelle correcte dans les parages, hein ? Un petit sourire extrêmement maléfique s'étira sur le visage de l'agent tandis qu'elle ajouta, d'une voix faussement nonchalante. Tu pourras en profiter pour me parler un peu de tes exploits passés, mon cher Champion. Je crains d'avoir de sérieuses lacunes sur ton pedigree et Holonet n'est pas une source particulièrement fiable.

Allait-il se braquer ? Louvoyer ? Esquiver ? Il était intéressant d'imaginer un tel colosse en train de s'adonner à des pirouettes verbales pour éluder un sujet compliqué. Il y avait également le risque que l'homme se braque à l'idée que la jeune femme ait tenté de fouiller dans son passé et qu'il se méprenne sur ses objectifs. Après tout, elle ne voulait qu'en savoir un peu plus sur lui et non raviver de vieilles blessures. De plus, cette petite pique était une revanche vis à vis de sa question.
Se montrer curieux finissait souvent par vous exposer à la curiosité des autres.
Toutefois, elle n'appuierait pas là où ça ferait sûrement mal comme les raisons qui l'ont poussé à se battre ou la disparition de sa compagne. Elle préférait le laisser en venir là de lui-même.
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Re: Aucun contrat ne nous lie à la rationnalité

Messagepar Oracle » 05 Mars 2017, 22:05

Même s'il donnait l'impression d'être absorbé par autre chose, Lyn ne s'y trompa pas, Klinedg l'écoutait avec une grande attention. Le grognement qu'il tira le confirma.

- Ça fait beaucoup trop pour une organisation supposée être marginale. Ils sont trop bien organisés, ajouta Klinedg. Une organisation presque ... militaire on pourrait dire. Tu as entendu le garde appeler Rad'ast commandant ? Tes copains ne pourraient pas nous renseigner là-dessus ?

Alors qu'il scrutait les alentours, il tourna soudainement son regard vers Lyn, étonné.

- Un cadeau, quel cadeau ? s'étonna-t-il. Tu penses que c'est judicieux de faire cela alors que nous venons d'arriver ? s'inquiéta-t-il.

Mais avant que Lyn n'eut pu lui répondre, la jeune femme aux cheveux d'albâtre avait enchainé, poussant le colosse à fouiller dans sa mémoire.

- Y'a bien le Jawa Déchaîné... Je sais, on fait plus vendeur, ajouta-t-il, mais le propriétaire est un ami.

Il commença alors à l'entrainer en direction du vieux bar, bravant la foule de sa musculature impressionnante. Klinedg détonnait dans ce genre d'endroit par sa carrure, il était bien plus facile à suivre qu'une jeune femme, eut-elle une chevelure blanche.
Lyn se posait des questions sur le type de réaction que lui offrirait Klinedg. Elle eut le droit au genre de réponse que peu d'hommes étaient capables de donner : la sincérité.

- C'était avant la guerre, plus personne ne s'en souvient maintenant. Et je ne l'ai fait que parce qu'il me fallait de l'argent. Ne sachant que me battre, je n'avais pas beaucoup d'autres choix.

Mais Lyn savait que l'argent n'était pas la motivation profonde de Klinedg. Dès lors que cela devenait plus sentimental, le géant semblait moins enclin à embrayer sur le sujet. Pourtant, elle avait cette certitude à présent : Klinedg n'était pas le genre à fuir. Si elle lui posait la question, il lui répondrait sincèrement. Ou lui dirait sincèrement qu'il ne voulait pas en parler. Pas de demi-mesure avec cette homme.

- Nous y voilà, fit signe Nav'ka. Essaies de bien t'entendre avec le gérant, ça pourra te servir un jour.

Le petit bar ne payait pas de mine, et peu de personnes le fréquentait. En même temps, vu la localisation, au fond d'une ruelle très peu passante, on ne s'étonnait pas, il fallait connaître. Preuve que le colosse avait écumé un minimum l'endroit.
A peine avait-il passé l'encadrure que Klinedg se faisait déjà alpaguer.

- Klinedg ! Ca faisait longtemps dis-moi !

Une femme d'âge mûr venait à leur rencontre, assez vieille pour être quasiment la mère de Klinedg. Ses cheveux mi-courts étaient parsemés de gris, mais ses yeux bleus pétillaient de vitalité. Elle eut le droit à une petite tape sur l'épaule de la part du géant.

- Bonjour Shiva, fit Klinedg en se fendant d'un rare sourire. Et oui en effet, tu peux nous installer s'il te plait ?

La dénommée Shiva se décala pour dévisager Lyn. Un grand sourire maternel se dessina sur son visage.

- Bien sûr bien sûr, fit-elle en les accompagnant.
- Dar' est là ? demanda Klinedg.
- Oh tu connais ce vieux fou, il est dans l'arrière boutique à bidouiller comme d'habitude. Tu veux le voir ?
- Avant de partir oui, j'aimerai la lui présenter, répondit le géant en posant à son tour son énorme main sur l'épaule de Lyn.

Bidouiller quoi, la question ne se posait pas. Inutile non plus de se demander d'où venait le nom du bar. Droides, fatras métalliques, circuits,... Il y en avait partout ! Même certaines tables reposaient sur de vieux restes de droïde - faute de moyens sans doute mais bon -, donnant un aspect très particulier à l'endroit.

- Bon je te l'amènerai. Enfin j'essaierai. Mettez-vous là, sourit Shiva. Qu'est-ce que je vous sers ?

Elle semblait réellement heureuse d'avoir Klinedg dans son bar, aussi s'empressa-t-elle d'aller préparer leur commande.

- Parle sans craintes ici, fit Klinedg à Lyn. Le gérant est un fana d'électroniques, il a mis assez de brouilleurs pour couvrir tout le bar. Je sais pas s'il peut capter Holonet par contre, sourit Klinedg.


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Re: Aucun contrat ne nous lie à la rationnalité

Messagepar Lyn Aylak (Hexner) » 07 Mars 2017, 14:06

Ce Klinedg, l'agent n'arriverait jamais à s'y faire. Ou alors, elle était par trop accoutumée à la sournoiserie de la faune qu'elle fréquentait en temps normal. Le colosse était franc et honnête. S'il avait merde à dire à quelqu'un, il le lui disait droit dans les yeux. S'il ne voulait pas aborder en détail un sujet, il le disait droit dans les yeux aussi.
Bref, il se contenta d'effleurer le sujet de son passé.
Pour le reste, la jeune femme estima plus prudent de garder le sujet pour leur déjeuner. On ne pouvait savoir à quel point Rad'ast avait les oreilles longues dans le secteur.

Durant le trajet, Lyn se demanda à quoi pouvait bien ressembler le fameux Jawa Déchainé. Y avait-il l'un de ces mystérieux nabots ligotés et pendus en guise d'enseigne ? Probablement pas sinon, il servirait quotidiennement de cible de tir à tous les abrutis des environs. C'était cependant un nom digne des cantinas, bars et restaurants de ce genre de quartier : original, exotique et délicieusement inspiré.
D'ailleurs, y avait-il une industrie dédiée à la recherche de noms d'établissement ou était-ce une compétence indispensable et commune à tous les propriétaires ? La jeune femme était soudain très curieuse d'en savoir plus mais elle craignait de se heurter au silence des intéressés, sûrement membres d'une société secrète gardant jalousement les rouages de ses créations les plus sensationnelles.
Prise d'une subite inspiration, l'agent se demanda si le nom n'avait pas un rapport avec le propriétaire lui-même ou la mascotte de son établissement. A moins qu'il ne s'agisse du nom du plat phare de cet endroit ? Ce qui n'ouvrait guère l'appétit si on craignait de voir le contenu de la gamelle nous sauter au visage en braillant.
Enfin, si Klinedg recommandait l'endroit et que le patron était de ses amis, elle n'aurait accepté d'aller ailleurs pour rien au monde ! Même une dédicace de Davoss et l'opportunité d'un dîner aux chandelles avec ce grand héros n'auraient pu faire plier sa volonté à ce moment-là. Quitte à s'en cogner la tête contre les murs après, bien sûr.

Elle se contenta d'un vague acquiescement à l'adresse de son garde du corps, plongée dans ses extrapolations.

Pénétrant dans l'établissement, la jeune femme ne s'attendait pas à un tel accueil. La femme qui interpela le colosse aurait pu être la mère de ce dernier et elle dégageait cette vitalité maternelle désarmante qu'ont parfois celles ayant atteint un certain âge. Prise un peu au dépourvu, la jeune femme se contenta d'un petit sourire incertain, presque timide. Merde, il lui avait échappé celui-là ! Elle eut d'emblée l'impression d'être une gamine débarquant de sa cambrousse, réservée et mal à l'aise en société.
Avec un léger recul, Lyn se demanda subitement de quoi Klinedg et elle avaient l'air. D'un père et sa fille ? D'un mentor et de son élève ? D'un guerrier et d'une andouille incapable d'articuler deux mots ? Franchement, elle n'avait pas envie de savoir. Elle préférait généralement que les gens se fassent une idée par eux-même pour mieux les déstabiliser en faisant voler en éclat l'image qu'ils s'étaient forgés eux-mêmes mais, dans le cas présent, elle se contentait de laisser les commandes à son compagnon, la tornade l'ayant secouée un peu trop à son goût.
Même si, au fond d'elle-même, elle ne trouvait pas la situation si désagréable mais elle ne l'admettrait pas. Jamais !

Afin de reprendre pied, la jeune femme observa la salle et un sourire encore plus crétin s'insinua sur son visage. Cet endroit la frappait en plein cœur de sa nostalgie et la ramenait loin en enfance, avant le siège de Kuat, quand elle traînait sur les chantiers et côtoyait ces grands dadais rustres qui devenaient complètement gâteux en l'apercevant. Un violent pincement au cœur la tira vers la réalité. Cette époque était révolue, son innocence s'était envolée et nombre de ces vieux amis étaient partis sur un autre monde, estropiés ou morts. Elle retint un soupir. Chienne de guerre !
Pour dissiper ses idées noires, elle coula un nouveau regard presque attendri au foutoir incroyable qui régnait là. Pire que l'antre d'un Jawa mais tellement plus chaleureux que le cloaque infect sur lequel Rad'ast régnait. Si le patron était à l'image de son établissement, Klinedg n'avait pas à s'en faire. Il plaisait déjà à Lyn.

Un peu distraite, la jeune femme se contenta de suivre l'avis de son compagnon concernant la commande et regarda la femme s'en aller. Elle était enjouée, heureuse. Un soupir échappa à l'agent. Elle l'enviait. Un peu.
Et sourit à son interlocuteur.

- J'ai presque l'impression d'être chez moi ici. Enfin, le chez moi d'avant, sur Kuat, quand j'étais gamine. Fit-elle distraitement avant de se concentrer à nouveau sur le colosse. Bref, pour revenir à nos gizkas... Je ne suis pas tellement étonnée de l'ampleur de l'organisation. Les infos que j'avais sur leur sujet laissait entendre qu'elle était d'ampleur et sacrément disciplinée pour qu'on en sache si peu. Elle émit un petit rire désabusé. Même si j'ai du tirer une tronche pas possible en découvrant les plans et tout ce merdier. J'aurais préféré qu'ils ne soient qu'un groupe de petits cons jouant de chance et pas... ça !

La jeune femme se passa la main dans les cheveux et pinça les lèvres. C'était agréable de pouvoir s'exprimer librement mais elle allait devoir se méfier de Klinedg. Ce grand dadais avait un don pour mettre en confiance. Un peu trop même. Et elle risquait de s'habituer à lui au point de baisser sa garde. Avec lui... ou avec d'autres.
Si au moins il pouvait avoir un ou deux vrais défauts dans son attitude, il serait moins déroutant ! Enfin, elle n'allait pas se plaindre. Il était fiable, LUI ! Pas comme un certain matériel aussi déjanté que son créateur.

- Maintenant qu'on a un nom, le Service arrivera peut-être à nous fournir des infos. Elle avait bien dit "nous". A ses yeux, Klinedg était son associé et non pas un outil bien pratique. J'en profiterais aussi pour grappiller des trucs utiles sur un ou deux clients, histoire de parfaire ma couverture. M'est avis que notre copain n'est pas aussi patient qu'il aimerait le faire croire donc, autant lui donner un os à ronger... La jeune femme se fendit d'un rictus machiavélique. Et son petit "cadeau" lui évitera de trop fouiner, à mon avis. J'admets qu'il pourrait avoir des soupçons mais ce truc ne fait qu'exploiter une faille déjà existante et notoirement répandue parmi les terminaux de la galaxie. Il n'aura qu'à demander à un expert et ça ne laisse pas de traces.

Et si elle se plantait, elle irait dire deux mots à un certain Rodien avant de lui passer les doigts dans un broyeur et la tête à la ponceuse ! De toute façon, si Rad'ast se montrait suspicieux, il n'aurait aucun moyen de prouver que Lyn avait fait quoi que ce soit. Mieux, elle n'aurait qu'à jouer une jolie comédie à lui faire gober de force pour museler sa paranoïa.

- Pour la suite, il va falloir que l'on puisse jeter un œil à ce que nous cache ce type. Les étages inférieurs, la réserve, tout ça. Même avec les codes, c'est trop risqué de faire appel dès maintenant à un commando. Autant les lâcher dans l'antre d'un Dragon Krayt en chaleur. En somme, jouer la comédie avec le masque de Sweina et s'extasier devant les pectoraux de Rad'ast. Mais, pour l'heure, il y a un autre sujet dont j'aimerais parler avec toi.

Elle marqua une courte pause, hésitante. Le colosse n'était pas idiot au point de ne pas se douter de quoi elle voulait parler. Son comportement de la veille avait été par trop étrange et la tentative de la jeune femme s'était soldée par une réponse laconique. Le problème, c'était de trouver les bons mots. Si Klinedg ne voulait pas aborder le sujet, soit mais elle refusait qu'il se fasse de mauvaises idées sur ses intentions.
Après tout, ils ne se connaissaient pas ou si peu et, ce qu'il savait d'elle, c'était que la jeune femme était payée pour mentir et manipuler des gens. Pire, il avait eu l'occasion de la voir à l'œuvre.
Bah, il lui dirait probablement le fond de sa pensée si elle se montrait maladroite et cela permettrait, peut-être, de crever l'abcès et d'éviter une situation inconfortable.

- Avant tout, c'est à titre personnel que j'aborde ce sujet. Même si, au fond, je sais que c'est pas mes affaires, j'aime autant qu'on soit totalement francs l'un envers l'autre. Elle tenta un petit sourire encourageant, un peu timide. Je sais que tu ne combattais pas pour l'argent. Enfin, que le pognon n'était pas ta motivation. Soudain, elle se sentait maladroite, comme une gamine essayant de discuter des réalités de la vie avec son papy qu'elle ne voyait quasiment jamais. Je suis navrée, pour ta compagne. J'ai jamais été mariée mais perdre quelqu'un... Elle haussa les épaules. Avait-on besoin de mettre des mots sur quelque chose que n'importe qui endurait un jour ou l'autre dans sa vie. Toutefois, Lyn avait conscience que les sentiments de Klinedg étaient d'une autre ampleur que les siens. Après tout, elle n'avait pas été si proche de son père et les circonstances de la disparition de sa mère avaient arrachés tant de proches à des milliards de gens. On pouvait combattre un ennemi dans une guerre mais que pouvait-on vraiment faire contre une saloperie de maladie ? Elle l'ignorait. Tu as repris le combat après alors j'imagine que tu avais à nouveau quelque chose pour te motiver mais j'ai du mal à saisir comment un champion tel que toi a pu finir... Ben... Ici. Enfin, dans la Ville-Basse. Elle émit un petit rire gêné. Autant te le dire, je suis curieuse mais c'est avant tout parce que j'aimerais... Comment dire ça sans que personne ne se fasse d'idées bizarres ? Ah, bah, j'aimerais mieux te connaître. A titre personnel.

Si le colosse refusait, elle n'insisterait pas mais elle se doutait que sa tirade n'était ni très fluide, ni très habile. Elle restait toutefois sincère malgré sa maladresse. Elle avait même éludé ce qu'elle avait aperçu la veille quand elle avait fait irruption dans sa chambre. Là, elle aurait franchement dépassé les bornes, même à ses yeux. Il y avait de la marge entre se montrer curieuse et se montrer franchement intrusive.
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Re: Aucun contrat ne nous lie à la rationnalité

Messagepar Oracle » 11 Mars 2017, 01:12

Alors que Lyn se risquait à évoquer le passé du colosse, les yeux de celui-ci se firent plus absents. Il n'y avait aucun changement dans son attitude autre que celui-ci, pourtant cela suffisait pour montrer à Lyn que ces événements le marquaient toujours autant.

- Je n'aime pas parler de ça, dit le géant avec gravité.

Le silence qui s'ensuivit fut heureusement coupé par l'arrivée de Shiva et de ses petits plats. Si le fumet qui se dégageait des assiettes était appétissant, Klinedg ne fit que jouer distraitement avec la nourriture un moment.

- Mais je suppose que tu devrais le savoir, dit-il faiblement.

Une nouvelle fois le silence s'étira. Lyn allait-elle connaître une partie du mystère qui entourait le grand Klinedg ?

- Si tu me poses cette question, reprit-il plus fortement, c'est que tu sais comment j'ai perdu ma femme. J'étais au fond du trou, admit Klinedg. J'avais eu beau faire tous les efforts possibles, je ne pouvais pas lutter contre quelque chose comme ça, peut-être pour la première fois de ma vie. Au contraire, j'ai passé moins de temps avec elle que je n'aurai pu... dit-il avec regret.

Il soupira un grand coup. Aujourd'hui encore, ce regret ne l'avait pas quitté.

- C'est souvent comme ça avec les gens qu'on aime. Lorsqu'ils disparaissent, tu te rends alors compte de ce que tu perds. Mais moi je savais déjà ce que j'allais perdre. On me l'a juste prise trop tôt ... Beaucoup trop tôt..., disait-il en regardant son assiette. Il me restait une chose d'elle cependant, se reprit Klinedg en levant les yeux vers Lyn. Une fille. Ma fille. Pendant longtemps je n'ai pas su le voir, trop occupé par ma peine. Mais elle a fini par me montrer qu'elle était toujours là elle, et qu'elle avait besoin de son père. A à peine 10 ans, elle avait plus de jugeote que moi, sourit-il avec tendresse. C'est grâce à elle que j'ai remonté la pente.

10 ans. Sa fille était donc un peu plus âgée qu'elle, mais pas de beaucoup.

- Mais ensuite, la guerre est venue, fit sombrement Klinedg. Et les Sith...

Il y avait tellement de haine retenue et contenue dans ce dernier mot... Les yeux de Klinedg étaient devenus glacés et plongeaient directement dans ceux de Lyn. Colère et tristesse s'y mêlaient.

- Elle était sensible à la Force, et lorsqu'ils sont arrivés sur Coruscant, ils me l'ont prise. Je les ai suivis des années durant, sans connaître aucun repos.

Certainement les années durant lesquelles il s'était fait mercenaire et garde du corps. Entre lutteur et ces dernières fonctions, la différence n'était peut-être pas si grande, surtout lorsqu'on s'appelait Klinedg et qu'on était bâti comme un bantha enragé.

- C'était une fille très gentille, toujours prête à aider, fit-il. Une forte tête c'est vrai, mais elle avait gardé la douceur de sa mère. Je ne sais pas s'ils ont réussi à la briser. J'espère que non, ajouta-t-il d'une voix blanche. Les cauchemars que j'en fais me suffisent. Une nouvelle fois sa voix se durcit, vibra de colère. Et lorsque finalement je l'ai retrouvée dans cette Vallée, les Jedi m'avaient devancé ! Ces-

Il ne termina pas sa phrase mais son poing s'était refermé avec force. Pour finalement se détendre d'un seul coup.

- La seule chose que j'ai pu retrouver, c'est son corps... termina-t-il avec douleur. Elle avait beau avoir grandi, je ne pouvais pas la manquer avec ses cheveux blancs...

Une fois qu'il eut terminé, il fallut un bon moment au géant pour pouvoir s'exprimer de nouveau, un temps durant lequel Lyn n'osa pas l'interrompre.

- Pendant les années où je l'ai cherchée, j'ai fait la connaissance de Vlaad. C'est lui qui m'a proposé de venir ici. Et me voilà, fit-il avec un faux sourire.

Il contempla un instant son assiette, puis finit par la repousser. Ce ne serait pas ce matin que le colosse apprécierait un bon repas.

Re: Aucun contrat ne nous lie à la rationnalité

Messagepar Lyn Aylak (Hexner) » 11 Mars 2017, 18:38

Laisser traîner ses oreilles, écouter des histoires racontées à mi-voix, capter des conversations sans en avoir l'air, ça faisait partie du boulot. C'était simple, en comparaison de ce qui allait suivre. Nettement plus simple et moins douloureux. Certes, il arrivait que les sentiments se mêlent à certaines décisions dans les missions mais ça restait anecdotique.

Quand le colosse dit qu'il n'aimait pas parler de ce sujet, la jeune femme hocha gravement la tête. Elle s'attendait à un refus en douceur et elle changerait de sujet pour distraire l'esprit de Klinedg mais...

... le guerrier abandonna sa lutte vaine contre la nourriture pour affronter le cœur du problème. De SON problème. Lyn le trouva incroyablement courageux et elle n'aurait pas aimé être à sa place. Combien de connards avaient eu le culot de tenter de lui tirer les vers du nez pour finir la tronche de travers au fond d'une ruelle ?
Devait-elle se sentir privilégiée ? Un peu. Et mal à l'aise aussi. Le roc assis face à elle semblait subitement bien fragile. Et tellement humain.

La jeune femme se contenta d'un bref hochement de tête quand il supposa, avec raison, qu'elle savait comment il avait perdu sa compagne. Comprenait-elle ses sentiments ? Pas tout à fait. Elle n'avait pas connu ce genre de douleur. Elle, elle avait eu un ennemi à haïr, à frapper. La maladie se contentait de faucher l'être aimé et de vous ricaner au visage avant de disparaître. Pour un homme comme lui, c'était la pire des situations. Il aurait mieux valu qu'il ait eu un adversaire qu'il pouvait atteindre physiquement et sa femme aurait été sauvée.
En veine de révélations, son compagnon mentionna sa fille. Lyn haussa légèrement les sourcils. Elle n'était pas particulièrement surprise car elle se doutait que la seule motivation qui animerait Klinedg, c'était des êtres aimés, de la famille. Elle répondit à son sourire mais il était un peu pâle. Elle craignait la suite et dû se retenir de ne pas interrompre le colosse.
S'il s'était à nouveau écroulé, c'était parce qu'on l'avait privé de sa fille, d'une façon ou d'une autre. C'était évident aux yeux de l'agent.

Durant une poignée de secondes, Lyn se demanda à quoi pouvait bien ressemblait cette jeune fille. Avait-elle hérité du caractère de son père ? En partie sûrement. Elle aurait aimé la rencontrer.
Son cœur se serra.
Le destin était vraiment une sacrée petite salope. Si la petite de Klinedg ne lui avait pas été enlevée, elle n'aurait jamais fait sa connaissance. Avec humeur, elle tordit le cou à cette pensée. Elle aurait préféré que le pauvre homme ne l'ait jamais croisée car il aurait été trop occupé à pourchasser les prétendants de sa fille tiens.

Les Sith. Un mot et déjà, le visage de la jeune femme se fermait, comme en écho au regard de son compagnon. Elle serra les dents quand il mentionna la sensibilité de la Force de sa progéniture. En soi, ce n'était pas un crime ou une tare mais, si cette saloperie cosmique avait eu la décence de ne pas se manifester, cette pauvre fille n'aurait pas subi ce qui l'attendait.
A son tour, la jeune femme s'interrogea. Avait-elle été brisée par la volonté implacable des Sith ? Ne la connaissant pas, elle ne pouvait se prononcer. Déformation professionnelle. Mais, au fond d'elle, elle partageait cet espoir. La fille d'un type aussi droit et borné aurait craché à la gueule de ces enfoirés plutôt que de leur lécher les bottes.
Enfin, il ne fallait pas se leurrer. Elle avait bon fond et ils étaient sacrément vicieux. Manipuler les gens, les embobiner, ça ne se résumait pas aux menaces et à la violence. Elle en savait quelque chose d'ailleurs. Qui sait ce qu'ils avaient pu lui raconter pour la rendre plus docile ? Avec un profond dégoût d'elle-même, elle voyait des pistes pour manœuvrer Klinedg. Pauvre homme. Mentionner les gens qu'il aime, faire peser leur sort dans la balance.
Comme si elle pouvait faire ça ! Pas à lui.

Ainsi, son enfant était morte et la jeune femme comprenait enfin les réactions de ce foutu grand dadais. Elle soupçonnait Vlaad d'être au courant et, même si l'aide du colosse était précieuse, elle ne manquerait pas de lui toucher deux mots de son putain de manque de tact. Quitte à se faire mal, le Nikto risquait fortement d'avoir droit à une gifle pour sa peine. Peut-être.
Au fond, en qualité d'ami, il avait peut-être également saisi l'occasion pour aider Klinedg à tourner la page, à exorciser ses démons, à affronter une bonne fois son passé et, surtout, réussir là où il avait échoué : sauver sa fille. Même si Lyn ne l'était pas.
A nouveau, elle était un substitut. Un double de sa sœur. Un double de la fille de Klinedg.
Elle retint un soupir.

Que dire maintenant ? C'était à cause d'elle que le colosse était miné. C'était à cause d'elle qu'il avait dû remuer la fange de son passé. Et elle ne trouvait pas les mots. C'était bien le moment !
Elle tendit la main et, refusant de laisser l'occasion au grand dadais de se dérober, saisit celle de Klinedg avec la vivacité d'un serpent pour la serrer. Elle baissa les yeux et sourit, désabusée. Les paluches de ce foutu guerrier étaient énormes et lui donnait l'impression d'être une gamine.
Devait-elle le rassurer en lui affirmant qu'elle n'était pas sa fille et qu'elle était plus coriace à tuer qu'un cafard mutant des bas-fond de Kuat ? Mauvaise idée. Une tirade pareille revenait à lui balancer au visage qu'elle aurait survécu à la place de sa gamine.
Mieux valait peut-être embrayer à nouveau sur le boulot alors ? Non. Même elle qui n'était pas très portée sur les relations sociales privées estima l'idée complètement con. Autant lui dire qu'elle n'en avait rien à cirer de son histoire plutôt que ça !
Elle soupira franchement cette fois.
Et indiqua l'assiette du menton avec un regard autoritaire. Sans oublier un vrai sourire indéfinissable qu'elle espérait gentil et amical.

- Tu devrais manger, même si tu n'as pas très faim. Pour faire plaisir à Shiva au moins. Son sourire se fit espiègle. Sinon, elle va te frotter les oreilles.

Le sourire avait disparu et elle scrutait toujours Klinedg, emprisonnant sa main comme si elle craignait qu'il ne s'envole.

- Merci. Et pardon. Sa voix s'étrangla un peu. Je suis navrée et je ne trouve même pas les mots qu'il faut. Si le Capitaine me voyait, il me passerait un savon. Elle tenta de sourire, voire de rire. En vain. Tout ça lui restait coincé dans la gorge. J'espère qu'un jour, tu voudras bien me parler un peu d'elles. Quand ça te fera moins mal.

La jeune retira doucement sa main et détourna le regard. Regarder cet homme lui serrait trop le cœur. Elle avait du mal à digérer tout ça et se sentait mal à l'aise. Elle aurait presque préféré qu'il change de sujet.
Machinalement, elle se toucha les cheveux et lorgna sa propre assiette. C'était bien beau de faire un sermon à Klinedg mais elle allait devoir se forcer également pour avaler quelque chose.
Elle avait remercié le colosse pour sa franchise mais lui pardonnerait-il d'avoir remué le couteau dans la plaie de cette façon si indiscrète ? Probablement. En partie parce qu'elle lui faisait penser à sa fille. Mais elle, elle ne risquait pas de se pardonner. Certes, elle avait eu conscience des risques mais le contrecoup était plus puissant qu'elle ne l'avait escompté.
Encore un spectre qui allait la hanter. A croire qu'elle faisait collection.
Pour le moment, elle se sentait vraiment idiote mais, surtout, elle restait attentive aux réactions de Klinedg. Remuer les souvenirs n'était jamais bon, ni sain. Et surtout pas sans conséquence.
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Re: Aucun contrat ne nous lie à la rationnalité

Messagepar Oracle » 25 Mars 2017, 23:12

Elle et Klinedg partageaient la même aversion pour les Sensitifs. Enfin plus exactement Jedi et Sith, car Klinedg aurait-il méprisé sa propre fille ? La question ne se posait même pas. Le colosse avait évoqué les Jedi, et ils semblaient tout aussi fautifs que les Sith à ses yeux. Il n'avait pas été très clair, mais il se pouvait même que les Jedi soient à l'origine de la mort de sa fille ! Y avait-il assisté directement, pour constater son impuissance ? Pour un père, assister à cela relevait de l'horreur pure et simple. N'importe qui se serait effondré et peut-être Vlaad avait-il été la dernière personne à empêcher Klinedg de couler entièrement.

- La douleur sera toujours la même, répondit Nav'ka. C'est à moi de la dépasser désormais, Vlaad a raison. Un jour sûrement, termina-t-il donc pour répondre à sa question.

Mais réaliser cela ne rendait pas la chose plus simple, aurait-il pu ajouter.

- Ne va cependant pas croire que je te prends pour un substitut, ajouta-t-il avec fermeté.

Les élans paternels que pouvaient avoir Klinedg à certains moments s'expliquaient cependant. Ce ne devait pas être quelque chose qu'il faisait consciemment pourtant. Cela lui venait naturellement, tout comme Lyn les interprétaient comme des attentions paternelles. Tous deux avaient perdu leur famille, et cela les rapprochait, créant une nouvelle relation qu'il restait à bâtir.

- Je croyais que tu n'étais jamais venu ici, fit-il alors avec un sourire. Ou as-tu l'habitude qu'on te frotte les oreilles ?

Une grande inspiration, et il commença à avaler une bouchée. Qui aurait cru qu'il était si dur de déjeuner ? D'un regard il indiqua à Lyn de faire de même.

- Shiva est une bonne cuisinière. Je la connais elle et Dar' depuis quelques années déjà. Les compétences de Dar' en électronique pourraient t'être utiles un jour, c'est pourquoi j'ai pensé à t'amener ici. Au final, tu ne peux compter que sur quelques amis, veille à t'entourer des bons, la prévint-il. Ne te cantonne pas à un Service qui pourrait t'abandonner un jour sans problème.

Après ces quelques mots lancés, il reprit :

- En attendant qu'il arrive, j'aimerai bien t'entendre parler de toi maintenant.

Sa façon de le dire le montrait clairement. Il ne cherchait pas à en apprendre plus à cause de ce qu'il avait révélé sur lui, mais bien parce que cela l'intéressait. Encore de cet élan paternel qui avait du mal à le quitter en sa présence ?

Re: Aucun contrat ne nous lie à la rationnalité

Messagepar Lyn Aylak (Hexner) » 26 Mars 2017, 01:06

La douleur, amie intime et perverse de l'intégralité des créatures de la galaxie. Elle existait sous de nombreuses formes mais elle ne déployait vraiment son potentiel dévastateur que chez les créatures pensantes. La souffrance physique finissait par se dissiper mais les blessures de l'esprit perduraient. Il n'y avait aucun traitement, aucun pansement, aucun remède hormis le passage du temps. Ou de fortes doses d'alcool ou de drogue.
Et encore.
Toutefois, le cas Klinedg n'était pas désespéré. Il avait déjà franchi une étape importante : il reconnaissait l'existence de cette souffrance, sa nature, sa source. Ne lui restait plus qu'à gravir la falaise de la guérison.

La jeune femme retint un sourire quand le colosse l'assura qu'elle n'était pas un substitut. Elle tint sa langue, sachant que ça ne ferait que blesser son compagnon mais aussi, et surtout, parce que ça ne valait pas la peine de s'étaler sur ce sujet. Chez lui, c'était inconscient. A moins que ça ne soit simplement sa nature profonde titillée par une vague ressemblance avec un être cher.
Mais pour le Service, elle était un putain de substitut. Celui d'une criminelle incontrôlable. Peu importait ses compétences ou son potentiel, on l'avait avancée tel un pion sur l'échiquier à cause de sa gémellité. Une part d'elle s'en moquait et se réjouissait même à l'idée d'emmerder cette garce. Et l'autre part se contentait de serrer les dents. Était-elle vexée, choquée ou déçue ? Non. Devenir un agent, c'était savoir que l'on pouvait être utilisé et jeté à tout moment au gré des besoins. Regrettait-elle son choix ? Non. Elle voulait servir, se sentir utile et faire usage de ses talents pour le bien de la RFN.
Au fond, la vie aurait été bien différente sans cette fichue guerre.

A la pique taquine de son compagnon, elle se contenta d'un sourire mystérieux qui en disait long. Comme, par exemple, qu'il suffisait d'observer un peu les échanges entre Klinedg et Shiva pour saisir le genre de liens les unissant.
L'homme lui adressa une mise en garde inutile. Elle savait déjà que le Service finirait, un jour, par la "remercier". La retraite était rarement une option dans ce genre de boulot. Soit on crevait en mission, soit on tentait de tirer son épingle du jeu et on crevait en représailles, soit on crevait dans de mystérieuses circonstances inexplicables. Seule une élite s'en tirait. Du moins, elle repoussait l'échéance selon l'influence obtenue.
Cependant, le bougre venait de mettre le doigt sur un point sensible : des amis. Comme si elle avait ce genre de trucs ! Pour Lyn, un ami, c'était de la science-fiction. Parfois, elle se méfierait volontiers de son propre reflet dans le miroir s'il osait la regarder de travers alors se fier à quelqu'un ? Cela demandait trop de temps et d'investissement. Et du temps, elle en manquait. Le boulot passait avant tout et sa vie sur Coruscant restait encore assez fraîche.

Soucieuse de dissimuler le fond de sa pensée, elle commença à manger. Sans entrain. Puis reposa doucement ses couverts avant de planter son regard dans celui de Klinedg.
Sa curiosité ne l'étonnait guère mais là n'était pas la question.
Là n'était pas le problème.
Elle baissa les yeux sur son assiette, les releva vers le colosse et secoua doucement la tête.

- Bonne cuisinière ? Tu plaisantes, hein ? La jeune femme désigna la nourriture du doigt. Tu n'as pas idée de ce que certains seraient capables de faire pour avoir une bouchée de cette merveille !

Lyn se fendit d'un sourire. Avec un certain amusement, elle se demanda combien certains personnages de la Ville-Haute seraient prêt à débourser pour la cuisine de Shiva. Elle avait une saveur particulière, bien au-delà de la saloperie sophistiquée de la strate supérieure de la société. Certes, la présentation était simple mais le goût compensait de très loin.
Elle se remit à manger un peu, savourant chaque portion. Et soupira doucement.

- Parler de moi, hein ? Tu as conscience que je serais peut-être obligée de te réduire au silence par la suite pour raisons de sécurité ? Elle s'était exprimé d'un ton absolument sérieux mais avait conclu sa phrase d'un clin d'œil espiègle. Parler d'elle. Quelle idée ! C'était bien de lui ça. Je ne sais pas trop quoi te dire tu sais. Tu es déjà au courant pour la seule partie encore vivante de ma famille. Elle haussa les épaules. Elle n'avait pas envie de gâcher le repas en s'épancher sur Tilsa. Rien que son nom risquait de faire tourner la nourriture et faire pleurer des gosses. Enfin. Je suis née et j'ai grandi sur Kuat. Tu sais, avec ses immenses chantiers et tout ça. C'était rempli de types un peu comme toi : baraqués, virils et incapables de résister à mon sourire. Son regard se fit un peu vague une seconde, un fantôme de sourire nostalgique s'aventurant sur son visage. C'était des types bien, c'était comme une grande famille. Ils pouvaient se mettre sur la tronche et se gueuler dessus à longueur de temps avant de devenir tout choses quand ma mère se pointait avec no... moi. Comme si elle allait faire l'honneur à cette charogne de la mêler à ses souvenirs tendres d'une époque révolue. Va te faire foutre, Sweina ! Selon certains, je tiens d'elle. De ma mère, je veux dire. Elle venait de Corellia et j'en tire une certaine fierté. C'était une femme incroyable après tout. Un petit bout de femme capable de tenir tête à un bougre gros comme un rancor et excellente mécano.

Elle marqua une pause. Evoquer ces souvenirs n'était pas gratuit. L'image de corps sans vie entassés tentait de s'imposer à elle. Elle soupira.

- Les Légions l'ont tuée. Probablement à cause de ses liens avec la résistance de Kuat. Je... J'ai jamais cherché à savoir, en fait. Je savais juste qu'elle n'était plus là. Elle observa son assiette. On arrêtait pas de s'engueuler à l'époque. Je voulais aider mais elle voulait me mettre à l'abri. Peut-être qu'elle craignait de me perdre comme elle avait perdu Tilsa dans le divorce.

Elle se tut à nouveau. Ses souvenirs de cette époque refusaient de se mettre en ordre avec précision. Avait-elle pu dire à sa mère qu'elle l'aimait avant qu'elle ne soit abattue ?
Pour se donner une contenance, elle avala une ou deux bouchées. De quoi donner du cœur à l'ouvrage.

- Par la suite, je n'ai pas eu un rôle vraiment actif dans la résistance et j'ai voulu m'engager à la libération. Je me sentais redevable et déterminée à œuvrer pour la République. Elle haussa les épaules. Comme j'ai la carrure d'une crevette et que l'occupation m'a dotée de compétences particulières, j'ai fini au Service. Parfois, je me dis que j'aurais pu être pilote ou mécano, comme j'en rêvais quand j'étais gamine. Elle émit un petit rire désabusé. Voila, tu en sais un peu plus long sur moi. Même si je dois bien admettre que je préfère ne pas parler de certaines choses. Pas ici, pas maintenant, pas devant un repas comme ça.

La jeune femme acheva en grande partie son repas avant de reprendre, d'un ton faussement distrait.

- Le problème, tu vois, c'est que je sais pas quoi faire d'autre. Mes rêves de gamines n'étaient que des chimères balayés par la guerre et, en grandissant, j'avais surtout envie d'en faire baver à cette bande de pourris. L'avenir était... Non. C'est abstrait. Son regard se fit dur. Et j'ai conscience que le Service n'est pas un avenir viable mais, pour le moment, c'est tout ce que j'ai.

Littéralement tout ce qu'elle avait. Des amis ? Aucun. Un amant ? Sans façon. Des possessions importantes ? Une seule : sa vie. Et encore. Sa famille n'était plus depuis longtemps. Depuis l'Incident, elle ne voyait plus Tilsa comme une sœur mais comme une créature malsaine que son foyer avait réchauffé en son sein.
Au fond, elle était vraiment pitoyable et ne valait pas mieux qu'une marionnette manipulée par le gouvernement.
Peut-être avait-elle simplement besoin d'une étincelle, d'un déclic qui l'amènerait à considérer l'avenir autrement que comme une poignée d'actions à planifier lors d'une opération ou comme le simple lendemain survenant après un insipide aujourd'hui.
Lentement, elle leva la main vers son visage et se pinça l'arrête du nez.

- Pourquoi en fais-tu autant pour moi ? Elle hésita avant d'ajouter. Je suis touchée par tes efforts mais, sans vouloir te vexer, ce genre de comportement me donne généralement envie d'arranger une conversation sérieuse entre mon blaster et certaines parties de l'anatomie de quelqu'un. Elle émit un petit rire nerveux. Mais comme tu es toi, ça ne risque pas d'arriver. Je suis juste... méfiante de nature, disons. Elle détourna les yeux, embarrassée. La majeure partie des gens qui ont été prévenant avec moi à partir de l'occupation de Kuat avait des idées derrière la tête.

Elle se retint d'ajouter "les pauvres" vu l'état dans lequel ils avaient généralement fini. Surtout ce pauvre type passablement mignon qui avait dû être traumatisé par son expérience sado-masochiste improvisée dans les toilettes d'un établissement gay. Les grands coquins de la boîte en avait été assez reconnaissant envers elle pour lui offrir une boîte de friandises haut de gamme mais elle n'avait jamais eu l'occasion de les revoir. Dommage. Ils étaient amusants dans leur genre, de sacrés fêtards.
Ils avaient eu un faux air de ces grands dadais gâteux des chantiers de Kuat.
Putain de nostalgie !
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Messagepar Oracle » 26 Mars 2017, 03:21

- Tu m'as l'air pas mal têtue et tête brûlée, c'est certain ! Si ta mère était ainsi, alors tu tiens définitivement d'elle ! Mais je peux comprendre ton choix. Lorsque plus rien ni personne ne te retient, rester sans agir est difficile...

Lyn allait trouver en Klinedg une oreille attentive, et surtout compatissante. Il était passé par le même genre de choses qu'elle, mais ils n'avaient pas le même âge. Face à de tels événements, cela comptait-il pourtant ?

- J'ai pas mal baroudé, expliqua-t-il, et le travail de mercenaire t'enlève certaines de tes illusions. En période de guerre plus encore. Mais je n'ai jamais transgressé à certaines règles, affirma Klinedg comme un roc. Je n'ai jamais violé, pillé, tué un enfant ou manqué à ma parole..., énuméra-t-il. Un homme ne reste un homme que s'il peut se regarder dans le miroir et être fier de ce qu'il y voit. Avoir perdu ma famille est une chose, mais je n'ai jamais commis d'actes que j'aurai regretté par la suite. J'ai mon code et je le suis, quitte à en mourir un jour. Tout le monde doit mourir un jour, reprit-il, alors il vaut mieux - et de loin - vivre sa vie pleinement. J'avais envie de t'aider, alors je le fais, conclut le colosse.

Il sourit cependant. Maintenant qu'il connaissait mieux Lyn, il savait que cela ne lui suffira pas.

- S'il te faut des raisons plus "pratiques", alors j'en ai d'autres. Il y avait une chance que les Sith soient impliqués dans cette histoire, et comme j'ai un compte à régler avec ces gens, je tenais à m'en assurer moi-même. C'est aussi ici que je vis, et si la situation n'est pas réglée, la cantina de Vlaad pourrait en payer le prix. Et enfin parce que ce vieux Nikto m'a demandé une faveur et qu'il s'agit d'un ami. La compagnie est agréable, fit-il en regardant Lyn, et les repas plutôt bons. Tu ressembles aussi à ma fille par certains points - je suppose que ça aide -, et tu es jeune. Je n'aurai jamais pu te laisser aller seule dans cet endroit. Et après tout ce temps passé au fond d'une cantina, ça fait du bien de se dérouiller un peu..., avoua-t-il.

Le silence s'étira.

- Il te reste des personnes sur qui compter ? demanda-t-il finalement.

Re: Aucun contrat ne nous lie à la rationnalité

Messagepar Lyn Aylak (Hexner) » 29 Mars 2017, 00:36

Ce bon vieux Klinedg. Cela faisait pourtant si peu de temps qu'ils se connaissaient et, déjà, la jeune femme ne s'étonnait plus du caractère du colosse. Probablement parce qu'il était simple et droit.
Le tableau était particulièrement étrange.
Pour un passant, Lyn et Nav'ka pouvaient passer pour un père et sa fille, des amis ou peut-être un couple. Voire deux relations de travail mais, non, là, il faudrait avoir une imagination débordante au vu de leur différence de gabarit. Que pensait Shiva de leur étrange duo ? Elle s'en moquait probablement, concentrée à la fois sur son boulot et sur le plaisir des retrouvailles.
Et l'agent alors ?
L'introspection, elle avait largement donné au cours de sa vie. L'Incident n'avait été que le déclencheur et, depuis lors, il lui arrivait de se demander si quelque chose ne clochait pas chez elle. Face à Klinedg, cette sensation la vrillait en sourdine, grattant chaque fibre de son être. Face à cet homme droit et honnête, elle se faisait l'impression d'être sournoise, vicieuse et tordue. Presque perverse, dans sa façon de manipuler les gens pour atteindre ses objectifs.
Pire encore.
Ses objectifs n'étaient même pas les siens. Elle s'était raccrochée à cette vie pour ne pas sombrer, pour s'extirper de la fange de son passé. En vain. Le passé, tel un antique boomerang, avait la fâcheuse manie de vous revenir en pleine gueule. Entre sa frangine, les Sith et les déboires de Klinedg en lien avec les Jedi, ça commençait à bien faire là. Bon, certes, le dernier point ne la concernait pas personnellement mais elle appréciait l'homme assis en face d'elle donc, ça la touchait. Et puis merde après tout, elle avait bien le droit de pester contre tous ces guignols adepte d'une puissance qu'ils ne comprenaient sûrement même pas.
Sith ou Jedi, ils étaient comme des gamins jouant avec un détonateur thermique dans la réserve d'explosifs d'un chantier. Un faux pas et qui sait ce que ces ahuris risquaient de déclencher ?

Elle fit un effort pour balayer ces pensées parasites afin d'accorder une totale attention à Klinedg qui, commençant à la connaître, exposait des raisons plus concrètes à son désir de l'épauler. Lui, au moins, n'avait pas envie de coucher avec elle ou de l'enrôler dans une entreprise complètement con.
Et elle comprenait ses raisons.
Il tenait à protéger ce qu'il avait à sa portée. Et s'il pouvait rendre la monnaie de leur pièce, ne serait-ce qu'en partie, à cette bande d'enflures, il ne pouvait rater une telle occasion. Bon point pour lui, il reconnaissait le lien entre Lyn et sa fille. Petit coquin de grand dadais.
Enfin, elle aurait pu avoir les cheveux mauve, une seconde tête et un bras artificiel qu'il l'aurait aidé quand même. La ressemblance n'était qu'un bonus. Mais Lyn n'en profiterait pas.

Le silence conclut la tirade de Klinedg et l'agent ne le brisa pas. Elle n'estimait pas nécessaire de prendre la parole. Un silence valait mieux que mille mots, dans certains cas et le colosse le comprendrait.
La question qu'il lui posa ensuite ne la surprit pas.
Son côté paternaliste le perdrait mais ça n'arracha aucun sourire à la jeune femme qui l'observa un temps.

- Pour le temps de la mission, je t'ai toi. Répliqua-t-elle doucement mais sans la moindre trace d'humour, comme si elle exposait un fait évident et établi. Le reste du temps, non.

Avait-elle besoin de détailler le fond de sa pensée ? Certes, elle se fiait au Service pour lui offrir un soutien lors des missions tant que cela engendrait des résultats positifs. Si l'investissement dépassait les gains potentiels, on l'abandonnerait à son sort ou, du moins, on s'arrangerait pour qu'elle devienne l'un de ces héros anonymes ayant donnés leur vie pour le bien de la nation.
Dans la sphère privée, elle savait pouvoir compter sur un ou deux voisins pour reluquer son postérieur quand elle passait dans un couloir, sur une voisine pour fouiner sans arrêt lors de ses allées et venues et sur un morveux du coin pour se curer admirablement le nez à chaque fois qu'elle daignait lui accorder un regard. A croire que c'était un réflexe conditionné chez lui.
Elle poussa un profond soupir et coula un regard désabusé vers son compagnon.

- Je n'ai plus de famille. Ma frangine, ça compte pas, elle est pour moi ce qu'est une vieille tante folle et difforme pour un tas de famille. Elle haussa les épaules. J'ai en grande partie coupé les ponts avec les gens que je connaissais sur Kuat. Enfin, je doute que beaucoup ait survécu de toute façon et je n'ai pas eu l'occasion de me faire des amis, bizarrement... Elle sentit une montée de bile dans sa gorge. Un spectre du passé venait de lui faire un grand coucou, la gueule fracassée ou la gorge tranchée. Quand allait-il enfin lui foutre la paix celui-là, hein ? Il avait choisi le mauvais camp et avait sympathisé avec la mauvaise fille, c'était sa putain de faute ! Puis, avec le boulot, tout ça, je n'ai pas assez pris mes marques pour me faire un embryon de réseau ici. Ou même des amis. Elle eut un petit rire nerveux. C'était quoi un ami ? Un truc qui se mangeait ? Une denrée rare et précieuse ? Ou un beau salaud faisant de grands sourires en attendant de vous planter une vibro-lame entre les omoplates ? Donc, non mon cher, je n'ai plus personne sur qui compter et je dois bien t'avouer que... Comment dire ça ? C'est difficile pour moi. De compter sur quelqu'un. Parfois, je me demande si je peux compter sur moi-même.

Car Tilsa n'était-elle pas le reflet de Lyn, d'une certaine façon ? Elles auraient dû être inséparables, proches, fusionnelles mais le lien, à défaut d'être brisé, s'était corrompu et avait pourri.
Et si la frangine n'avait fait qu'anticiper la noirceur de l'agent ? Peut-être avait-elle cherché à s'éloigner d'un danger potentiel ?
Bordel !
Après tout ce temps, la jeune femme se posait encore ce genre de questions. Finalement, elle avait peut-être besoin d'un vrai face à face avec Sweina, de femme à femme, histoire de régler une fois pour toute cette affaire.
Elle chassa brutalement cette idée de son esprit. Elle ne se sentait pas prête à ça et, surtout, elle avait besoin de se concentrer sur ce qui se déroulait ici et maintenant.
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Re: Aucun contrat ne nous lie à la rationnalité

Messagepar Oracle » 02 Avril 2017, 16:45

- Tu as passé trop de temps seule petite, constata Klinedg.

Pourtant, un petit sourire en coin relevait son visage.

- J'étais comme toi avant. Pour d'autres raisons cependant. J'étais trop bourru, mal à l'aise avec les autres. J'exécrais leur façon d'être. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais plus d'un se retrouvait avec mon poing dans la figure. J'ai fini par penser que je pouvais me débrouiller sans les autres, que je n'avais pas besoin d'eux. Ma Dea m'a montré le contraire...

Il sembla perdu dans ses pensées un moment, un sourire hagard sur le visage. Des souvenirs de jours meilleurs. Quoi qu'il arrive, il gardait toujours cela, il les chérissait.

- Tu as besoin de ça toi aussi. Qui plus est avec ta sœur. Il posa ses deux énormes mains sur la table. Tu n'auras qu'à passer me voir à la cantina de temps en temps. En attendant on va travailler sur tes relations avec le secteur, lui fit-il avec un regard amusé.

Il se leva de table, sa silhouette semblant rétrécir les lieux par sa simple présence. Les assiettes étaient vides, mais Dar' n'était toujours pas là.
Klinedg n'était pas homme à attendre indéfiniment. Il fit signe à Lyn de le suivre puis s'enfonça dans la boutique. En chemin ils croisèrent Shiva.

- Désolée Klinedg, je n'ai pas réussi à le faire bouger. Tu vas devoir t'en occuper, s'excusa-t-elle.
- Ne t'en fais pas va, je m'en charge. La cuisine était toujours aussi bonne au fait, ça me change de celle de Vlaad.

La vieille femme eut un petit rire sous l'effet du compliment tandis que Klinedg passait la porte arrière, laissant Lyn seule un instant avec Shiva.

- Sors de là grand-père, j'ai quelqu'un à te présenter ! rugit la voix de Klinedg.

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