[218 Ap. B.Y] Holonews & récits charnières

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Messagepar Eldàrion » 16 Août 2017, 01:52

Funeste Festin


- Je vous avoue, Chancelière, que je ne suis aucunement déçu de ce voyage, c'est une somptueuse réception que vous nous avez concocté là.

Le président Thyriel était comme à l'accoutumée un régal pour les yeux : parfaitement habillé, le smoking taillé au millimètre par les plus grands couturiers de la République, rasé de près, et un parfum épicé fort entêtant venait en plus vous ravir les narines. L'homme avait bien trop le soucis du détail, et jamais il n'avait commis un mauvais geste que l'on aurait pu lui reprocher. Pourtant, son air calculateur et froid transparaissait allègrement, et nul ne pouvait l'ignorer...

- Je suis heureuse que vous soyez parmi nous ce soir, président Thyriel. Je vous sais attaché, tout autant que moi, à nos responsabilités envers la République, et vous avez ma sincère reconnaissance pour tout le mal que vous vous donnez pour accomplir votre devoir.

Angela Trevens avait revêtu une tunique à la fois très simple et fort sobre, et pourtant l'on ne pouvait ignorer qu'ici encore, elle avait été crée sur mesure. Son port ravissait l'amante de Jacen Tavira-Fel, et son air serein et enthousiaste plaisait visiblement aux invités du gala. Certains des militaires s'étaient d'ailleurs plus à féliciter Jacen pour la réussite de sa femme, et la sienne même d'avoir réussi à conquérir une telle créature. Les deux étaient de toute façon issus de bonne famille, et même si leurs "clans" n'étaient pas les mêmes, les bonnes familles de la République et de l'Empire se connaissaient souvent.

- Il est regrettable que nous trouver ici signifie également une foule encore plus dense aux pieds du palais de Theed. Le commandant soupira. Mais enfin, ce doit être pour le bien supérieur de la République, j'imagine ironisa-t-il en levant les épaules, le regard froid et tranchant en direction d'Angela et du président Thyriel.
- Les craintes de nos concitoyens finiront par se tarir lorsqu'ils se rendront compte des avantages que nous avons à rallier l'Empire, mon commandant renchérit Thyriel, sur un ton laconique. Aucun mot n'était prononcé plus haut que l'autre, et pourtant son exaspération était palpable.
- Messieurs, nous ne sommes pas là pour nous quereller, je crois que la République connaît suffisamment de disputes comme ça. Les sénateurs ont rendu leur verdict, et m'ont accordé leur blanc-seing pour que nous profitions d'une plus étroite collaboration avec l'Empire, la démocratie a parlée trancha Angela afin de couper court aux incessantes disputes entre les deux hommes.
- La démocratie ? Mais enfin, le cycle ne comptait pas même la moitié des sénateurs, et là encore un tiers a voté contre ce rapprochement ! Et ne me dupez pas avec vos demi mots, en guise d'étroite collaboration avec l'Empire, c'est l'annexion de la République que vous nous offrez sur un plateau d'argent vociféra Ygnis, assez fort pour que ses interlocuteurs soient frappés par sa colère, mais assez doucement pour que les autres tables n'entendent pas son ire.
- Ils n'avaient qu'à se présenter dans ce cas, au lieu de se terrer, et nous prouver à quel point ils étaient farouches à cette idée. A moins qu'ils n'étaient pas si réticents à cette idée là, et qu'ils aient jugé que ça n'en valait pas le déplacement ? ironisa Thyriel dans un sourire cynique.

Le bruit caractéristique du cristal qu'on frappait retentit, et les regards se tournèrent vers l'Impératrice Leïa qui était debout à sa table. De chaque côté d'elle se trouvaient Jacen, son jumeau, Ghent son grand frère, et Gilad son père et ancien Empereur. L'Impératrice rayonnait, ses lèvres figées en un sourire, ses pommettes saillantes relevées par un maquillage parfaitement exécuté, et ses long cheveux bouclés paraissaient briller d'un éclat presque doré.

- Mes chers amis, Impériaux qui avez su oublier nos rancoeurs pour un intérêt supérieur, et Républicains qui nous avez gracieusement invité pour une noble cause, je tiens tout d'abord à vous remercier. Si nous en sommes là aujourd'hui, en si bons termes, c'est avant tout grâce à vous et à votre sagesse, votre capacité à voir au delà de vos passions, vous qui placez la raison avant tout. Merci à toi, Angela, pour cette magnifique réception qui restera gravée dans nos mémoires, par son faste mais surtout pour sa cause : le retour de la paix entre deux peuples. Puissent la République et l'Empire vivre des jours heureux pour les temps à venir ! A ces mots, Leïa but une gorgée de son champagne, et elle fut rapidement imitée par le reste de l'assemblée qui leva son verre au discours de l'Impératrice. Ceci fait, ce fut à Angela de se lever afin de prendre la parole :
- Leïa, nous nous connaissons depuis assez longtemps pour avoir confiance l'une en l'autre dans notre souhait d'agir pour le meilleur, et ce pour chacun de nos peuples respectifs. Oui, pour certains d'entre nous, et je pense que tant au sein de l'Empire que de la République, lier nos nations respectives alors que nous venons de vivre de graves conflits est malvenu. Mais je gage que, le temps aidant à panser nos blessures, tout le monde finira par admettre que c'était là la meilleure solution : dans l'union nous trouverons la force de continuer, de progresser. Nos deux camps réunis, nous serons plus forts que nous ne l'avons jamais été, et la paix galactique ne nous paraîtra plus tant une chimère, mais quelque chose que l'on pourrait attraper rien qu'en allongeant notre bras... un simple geste qui ne requiert rien d'autre que de la volonté. Vive la République, vive l'Empire, et vive la paix entre nos deux peuples ! Là aussi, la scène se rejoua et chacun but à la coupe. Thyriel avait gardé le regard rivé sur la Chancelière et l'Impératrice, l'air ravi, alors que le commandant demeurait stoïque et accomplissait cérémonieusement ces gestes de paix sans rien laisser paraître de son mécontentement.

Angela échangea un regard avec Jacen, puis elle se rassit et les discussions reprirent bon train de table en table alors qu'une batterie de gens amenaient des desserts tous plus somptueux les uns que les autres pour les répartir sur les différentes tablées. Tout le monde devisait politique, essayait d'imaginer quel futur les attendait, parfois certaines âmes éméchées riaient ou blaguaient un peu trop fort avant qu'un voisin ne les ravise de baisser d'un ton : la soirée était une réussite. Peu importe qu'à l'extérieur, certains Républicains et d'autres Impériaux manifestaient depuis plusieurs semaines déjà, les choses suivaient leurs cours et la volonté inflexible des dirigeants saurait passer outre les visions pessimistes des badauds.

- Angela ?
- Oui ?
- Vous allez bien ?
- Comment pourrais-je mal aller ? La soirée se déroule divinement bien, et le fruit de mois de négociations sont sur le point de porter ses fruits.
- Angela... vous pleurez...

Le visage de la chancelière prit un air interrogatif et, se saisissant de sa serviette blanche, se tamponna les pommettes. « C'est qu'il fait chaud, je vais finir la soirée en nage à cette allure s'amusa-t-elle, avant de ramener sa serviette par devant elle. Son regard se figea lorsqu'elle remarqua que le tissu était maculé de sang.
- Vous pleurez du sang, chancelière, laissez-moi appeler un médecin !
- Angela, tu vas bien ?!

Jacen s'était précipité vers son épouse en trombe, sous le regard ébahi de l'assemblée qui avait maintenant le regard fixé vers la Présidente Trevens
- Un médecin, vite ! hurla le chevalier Impérial alors qu'il épongeait les joues roussies par le sang de son épouse.
- Mais je vous jure, je vais b...

Bien ? Elle n'eut pas le temps de prononcer le mot qu'elle fut prise de convulsions et tomba presque à la renverse, rapidement rattrapée par Jacen qui la stabilisa. Les réactions diverses ne se firent pas attendre, certains paniquèrent, d'autres demeurèrent interdits, certains allèrent chercher de l'aide, d'autres encore décidèrent de se faire vomir. Heureusement pour eux, ce soir là ne devait pas être le dernier de leur courte vie. Pour Angela Treven's cependant, la Force avait décidé qu'il était temps pour la Chancelière de la rejoindre...

Re: [218 Ap. B.Y] Funeste Festin

Messagepar Eldàrion » 18 Août 2017, 00:49

Obscurs Dédales


« Ne ralentissez pas, j'entends le bruit de leurs pas à nos trousses… ! »

Les échos de sa voix seraient la seule réponse que les souterrains rendraient à Ghent, mais bientôt le souffle haletant de Leïa et Loghit reprit le dessus, marqué seulement par le rythme de leur course effrénée. Parfois, le sol semblait se dérober sous leurs pieds, conséquences d'une bombe qui devait se fracasser non loin de leur position - fort heureusement ces souterrains avaient été conçus pour résister à pire assaut.

Comment cela avait-il pu se produire ? Que l'Impératrice doive se terrer, fuir la queue entre les jambes, dans sa propre capitale ? Dans son propre palais ?! Leïa serra un poing et sa mâchoire se crispa, la peur s'éclipsant un instant pour laisser place à la défiance. Comment s'en sortait son frère ? Leurs adversaires s'étaient-ils défaits de lui pour pouvoir se lancer à leurs trousses ? Impossible, il était bien trop bon duelliste pour se laisser avoir par de vulgaires traîtres. Une chose était sûre, l'acte ne resterait pas impuni, et l'honneur de l'Empire serait lavé dans le sang de ses ennemis.

Une nouvelle bombe s'écrasa non loin et Leïa sentit son proche voisin Loghit trébucher et tomber au sol. Dans un réflexe pour s'assurer que son ami allait bien, l'Impératrice jeta un rapide coup d'oeil par dessus son épaule… pour se rendre compte que le Général ne se relevait pas, tandis que son frère se tenait quant à lui immobile plus loin derrière.

« Que faites-vous ? Nous n'avons pas de temps à perdre! »

La remarque fit sortir Ghent de sa torpeur, et il se mit à marcher en direction de l'homme, qui relevait péniblement la tête, le visage marqué par la douleur.

« Pour… quoi… ? Lança-t-il en direction de l'Impératrice, qui resta coite devant la demande.
Pourquoi ? »

Les bottes de son frère Ghent pénétrèrent dans son champ de vision, et elle leva la tête, interdite. Lorsqu'il fut au niveau de Loghit, le Fel écrasa la tête du Général entre sa botte et le sol froid, tandis qu'il le tenait en joue de son blaster.

« Blâmez votre impéritie, car elle seule est l'auteure de mon parjure. Surtout la tienne, petite soeur ».

Ghent laissa tomber son blaster et porta sa main d'arme à sa ceinture, où pendait son sabre-laser afin de s'en saisir. Une lame de couleur blanche en sortit aussitôt, la subite lumière dévoilant le regard du parjure, entièrement dévoué à sa sœur Leïa. Il lui semblait avoir perdu son souffle, elle avait l'impression que son être était aspiré par ce regard, empreint tout à la fois de terreur et de froide résolution. La main d'arme de son frère tenait le sabre d'une poigne ferme, pour autant il tremblait à l'idée de commettre l'acte qu'il s'apprêtait à commettre.

« Comment peux-tu nous faire ça ? Comment as-tu pu décider de nous trahir, Jacen, moi, ainsi que tout l'Empire ?
- TU nous as trahi Leïa ! TU as FAILLI à tes responsabilités ! S'exclama Ghent, braquant un doigt vengeur en direction de sa sœur alors qu'il l'accusait de ces maux. Sous ton règne, l'Empire ne fait que faiblir, tandis que nos ennemis grandissent. Pour notre peuple, pour MON peuple, et même si je devrai me haïr à jamais, je dois mettre un terme à cette ère de faiblesse. Crois-moi, Leïa, que j'aurais donné cher pour que ce jour n'ait jamais lieu ».

Sa résolution semblant prendre le dessus sur la terreur, il dégagea son pied de Loghit qui demeura inerte face au sol, et il s'avança vers l'Impératrice qui, ses sens l'alertant, dévoila à son tour son sabre laser.

« Je t'en prie Ghent, reprends tes esprits. Ecoute toi ! On croirait entendre un dément.
- Tu ne comprends donc pas ? Ta faiblesse nous a mené à ce moment, et voilà que tu continues de supplier. Ghent poursuivait son approche hostile, et lorsqu'il fut assez près, il croisa son sabre avec celui de Leïa. La Force rendra son verdict ici, et maintenant. Un seul empereur sortira de ces couloirs… montre moi s'il te reste encore un tant soit peu de vigueur, Leïa ! »

Sur ces mots, Ghent lança son premier assaut, d'une botte simple pour signifier à sa sœur que le combat venait de commencer. Cette dernière affermit son emprise sur son sabre et para sans peine, puis décida de bondir sur son frère et frapper d'estoc. Les bottes et les parades s'enchaînèrent, les deux usant de techniques quasiment similaires, chacun ayant appris du même professeur. Et pourtant, la vie suivant son cours, Leïa s'était retrouvée plus tard à passer plus de temps à faire de la diplomatie quand Ghent menait les guerres de l'Empire. Non seulement avait-il pu aller plus loin que les techniques qu'on lui avait enseigné plus jeune, mais en plus avait-il développé sa carrure, un certain sens du combat propre aux guerriers, et il avait derrière lui les espoirs d'un Empire renouvelé. Il n'en fallait pas plus pour qu'il parvienne à ouvrir la garde de Leïa et qu'il s'y engouffre en délivrant un impitoyable coup de pied qui l'envoya violemment heurter les murs de la galerie souterraine. Elle s'écrasa dans un cri de douleur, son arme lui échappa et s'en alla rouler à quelques mètres.

« Je suis tellement désolé que tout cela doive se terminer ainsi annonça Ghent, le ton marqué par une sincérité innocente et pourtant si menaçante. Il s'approchait résolument de Leïa et, une fois assez près, porta la pointe de sa lame entre les yeux de sa sœur. J'aurais aimé pouvoir chérir ta mémoire, Leïa… Sans quitter son visage des yeux, le nouvel Empereur abattit sa lame et le corps de la défunte Impératrice s'affala sur le sol, sans vie.

Subitement, un silence lourd et pesant s'imposa dans les couloirs, comme si le temps s'était arrêté, comme si le monde ne tournait plus. Puis, le fracas des bombes se représenta à ses sens... ça, et le son de sa respiration encore haletante du combat mené, et de l'exécution accomplie.

Re: [218 Ap. B.Y] Holonews & récits charnières

Messagepar Eldàrion » 18 Août 2017, 00:52

Trahison Consommée


« S'ils refusent de se soumettre, alors nous les y obligerons. Tout cela n'a que trop duré ! ».

Ord Mantell, le point de départ du chaos que traversait l'Empire depuis six mois. Six mois de guerre civile, après que l'Impératrice ait disparue, capturée par l'Autorité Légitime d'après les informations de Ghent. Depuis lors, l'Autorité avait réussie à asseoir sa prétendue légitimité sur bien des mondes, à commencer par Bastion qui avait rendu les armes dès la disparition de la famille Impériale.

« Qu'espèrent-ils accomplir, à présent qu'ils ne sont qu'une poignée ? Hapes peut toujours hurler au ralliement, la vérité est que les Tavira-Fel sont tombés, et l'Empire qu'ils ont connus n'est plus ».

Les Moffs, autrefois dissidents, à présent légitimes puisque le pouvoir avait été renversé, tenaient leur conseil de guerre avant la grande offensive. Les vestiges du pouvoir des Tavira-Fel s'éteindraient en même temps que le peuple de Hapes ploierait le genou devant eux. Et qu'ils ploient le genou, cela ne faisait aucun doute.

« Une terre brûlée amène souvent un sol extrêmement fertile commença le Moff Ackkor, le sourire aux lèvres. Je suis sûr qu'Hapes ferait un excellent terreau pour les fondations de notre nouvel Empire, ne pensez-vous pas messieurs ? ».

Des sourires se plantèrent sur les visages des Moffs présents autour de la table, quand certains riaient doucement du sous-entendu de leur camarade.

« Je sais bien que nous étions fatigués du règne atone de feu ma sœur, mais tout de même, messieurs… Irez-vous jusqu'à vous délecter du meurtre de notre peuple ? »

L'intervention surprit l'assemblée, qui se tourna mécaniquement vers la mince ouverture de la pièce. L'obscurité avait camouflé l'arrivée sans bruit de Ghent, qui s'avança vers la lumière artificielle de la salle de Conseil. Peu de monde en connaissait l'existence, puisque c'est ici même qu'étaient fomentés les exactions contre l'Empire, à un moment où l'Autorité Légitime n'avait aucun pouvoir et agissait clandestinement.

« Ah ! Le retour du fils prodigue… Bienvenue parmi nous, Ghent lança sardoniquement Chimaenov. S'ils avaient fini par s'allier dans leur désir commun de renverser Leïa, Joykaor Chimaenov n'hésitait pas à fanfaronner devant Ghent depuis qu'il avait réussi à le capturer, à l'époque où le Fel était réellement un adversaire de l'Autorité Légitime.

- C'est toujours un plaisir que d'être en votre compagnie, Joykaor répondit Ghent d'un ton tout aussi audacieux. Son regard froid ne cachait aucunement le peu de considération qu'il avait pour l'homme trop condescendant à son goût.

Ghent Fel finit de pénétrer dans la pièce et alla prendre place sur le seul siège qui demeurait disponible. Six mois qu'il jouait son double jeu, mais l'enthousiasme qu'il mettait à occire les suivants de l'Autorité lors des quelques batailles où il avait pris part n'aurait jamais laissé supposer qu'il puisse jouer en leur faveur.

« Ghent a raison, nous devons agir avec toute la responsabilité qui nous incombe à présent, se risqua le Moff Prienn, afin de désamorcer la bombe. Seigneur Fel, les défenses d'Hapes sont-elles opérationnelles ?
- Jacen mènera les troupes au sol. Ta'a Chume'Dan est prête à accueillir les flottes ennemies avec des batteries qui ont été montées sur les toits des immeubles, mais il y en a d'autres encore disséminées dans les forêts qui devront cueillir les vaisseaux éclaireurs, et...
- Ca ne suffira pas à nous arrêter, et ils le savent bien
Ghent sourit et baissa les yeux vers la table, où des simulations tactiques étaient menées quant aux divers scénarios possibles. Effectivement, la défaite des Hapiens était courue d'avance, d'après les statistiques en tout cas.

« Alors c'est entendu ! S'exclama le Parjure en se levant subitement. La mort des Hapiens, et la victoire de l'Autorité Légitime. Félicitations, messieurs, car vous avez menés à bien votre mission.
- Il faut avouer que sans votre précieuse trahison, la tâche nous aurait été bien plus ardue.
- Et vous me voyez heureux de recevoir vos félicitations, Joykaor… Elles me rendent la tâche bien plus aisée.

Alors que les Moffs s'apprêtaient à présenter leurs adieux à l'Impérial qui prenait la voie de sortie, Ghent s'arrêta au dernier moment et actionna le verrou de la porte, qui se referma. L'assemblée se retourna alors que le Fel décidait de retourner vers eux.

« Je dirais bien que c'était un plaisir de faire affaire avec vous, mais je serais obligé de mentir. Vous qui avez trahi les Fel, en subirez leur colère énonça-t-il d'un ton neutre, calme et froid.
- Qu'est-ce que ça signifie ?! S'énerva Ackkor qui se leva en trombe, faisant tomber son siège en arrière. Seriez-vous en train de vous retourner contre nous, garçon ?!

Pour seule réponse, il eut droit au son caractéristique de l'activation d'un sabre laser alors que Ghent pressait le pas vers le groupe de Moffs. Le premier sur son chemin, Doriper, paniqua et lança sa chaise du pied avant de grimper sur la table et d'y ramper sur le dos, conservant l'Impérial en vue.

« Messieurs je vous en prie. Ne rendez pas la chose plus difficile qu'elle ne l'est ; même ma sœur offrait un défi plus grand à relever que vous tous ici réunis. »

Quand la porte se déverrouilla de nouveau, ils ne furent que deux à emprunter le couloir obscur vers l'extérieur : Ghent, qui en profita pour remettre ses vêtements en ordre ; et le Moff Prienn, pâle et à la démarche hésitante, qui progressait sur les talons du Parjure.

Re: [218 Ap. B.Y] Holonews & récits charnières

Messagepar Eldàrion » 18 Août 2017, 00:53

Nouvel Espoir


La foule, compacte mais ordonnée, était massée devant l’immense palais impérial pour célébrer ce jour historique, et rendre les hommages à celui qui serait dès à présent leur nouvel Empereur. Devant le peuple, un cordon de soldats servait de gardien pour empêcher quiconque de s’approcher plus en avant du bâtiment, qui avait été réparé depuis le jour tragique où, alors que l’Autorité Légitime bombardait le site, l’Impératrice Leïa avait été portée disparue. Derrière eux encore, deux énormes rampes d’escaliers se formaient, les dalles blanches comme la craie impeccablement propres, avant de chacune bifurquer en angle droit et de se rejoindre, cinq mètres plus haut, dans un balcon qui s’étendait largement par delà l’entrée du Palais. Les portes étaient encore fermées, mais de celles-ci s’étendait un tapis rouge, dont les côtés étaient ornés de dorures finement brodées, et qui s’étendait par delà les colonnades jusqu’au muret du balcon, de là où la foule pourrait apprécier le nouvel Empereur lorsque celui-ci se présenterait.

Les badauds discutaient sagement, certains visages étaient fatigués de la guerre civile qui venait de s’éteindre, d’autres s’enthousiasmaient de la promesse d’une nouvelle période de félicité pour l’Empire. Tous plaçaient leurs espoirs dans ce nouvel âge de lumière, avec un chef qui avait su les sortir des ténèbres. Sur des petites scènes de chaque côté de la foule, des caméras et des reporters tenaient les holospectateurs en haleine, quand sur les plateaux en studio philosophes et politiciens spéculaient sur le virage que prenait l’Empire.

Un lourd déclic de mécanisme immédiatement suivi d’un léger tremblement fit lever les yeux de la foule vers l’immense porte en acier du Palais, alors que les holoreporters s’agitaient en annonçant l’arrivée certaine de l’Empereur Tavira-Fel. La porte s’ouvrait effectivement, laissant d’abord apparaître une fine fente au milieu de celle-ci alors que les deux battants se séparaient pour entrer dans leurs emplacement à l’intérieur des murs. Finalement, le mouvement s’arrêta après de longues secondes, le protocole voulant que la porte s’ouvre lentement pour un meilleur effet de spectacle, et le silence retomba en même temps. La foule retenait son souffle, et même les reporters attendaient dans le mutisme, laissant la pression monter.

Enfin, une ombre se profila, rapidement suivi de trois autres : lorsque la lumière les révéla, Ghent apparut, Juno - sa femme - le talonnait sur sa droite, et à côté d’elle se tenaient cote à cote leurs enfants. Des droïdes s’élevèrent vers le ciel pour filmer leur avancée le long du tapis rouge, en direction de la limite du balcon. Lorsque la famille Impériale arriva à destination, Ghent leva une main en guise de salut, rapidement imité par le reste de ses compagnons, et la foule applaudit et entra en liesse. La scène se figea ainsi quelques secondes, puis l’Empereur ramena sa main par devers lui et la clameur faiblit à son tour.

« Mes chers Impériaux, c’est le coeur empli d’honneur et de fierté que je me trouve devant vous en ce jour, afin de célébrer non seulement la fin d’une guerre, mais aussi le commencement d’une ère de prospérité ! s’exclama-t-il, en appuyant sur ce dernier substantif. Mes amis, je sais combien nous avons souffert ces derniers temps, mais nous avons su tenir bon. L’Empire porte en son seing un peuple fier, un peuple fort, et malheureusement pour nos ennemis, ce qui n’a pas réussi à nous anéantir n’aura fait que nous renforcer ! Nos blessures seront bien vite pansées, et notre glaive saura s’abattre pour porter la nécessaire justice ! Sa voix, portée par les hauts parleurs, résonnait au loin, de même que les ponctuelles acclamations de la foule qui apportait son assentiment au discours de l’Empereur.
- Une chose est certaine : l’univers poursuit sa route, et nos ennemis profitent largement de ce temps pour conspirer contre nous. Contre nous, Impériaux, mais aussi contre nos idéaux, nos attaches, nos âmes en tant qu’êtres vivants, eux pour qui la vie des autres n’a de valeur que celle qu’ils peuvent en retirer. Face à ces exactions, la passivité ne saurait être une solution, car elle signifierait renoncer à notre existence même, à nos aspirations, à nos rêves. De cela, je refuse d’en être témoin, et en tant que gardien de l’Empire, je fais le serment que ma vie sera dédiée à la sauvegarde de notre avenir, pour que chacun ait droit au sien. Il marqua une pause, et la foule en profita pour applaudir, tandis que des « vive l’Empereur » étaient scandés de part et d’autre de la masse. Un peuple meurtri n’a souvent besoin que de retrouver un peu d’espoir pour voir ses forces ravivées, et c’était là ce que leur offrait Ghent.
- Cependant mes amis, c’est une tâche bien ardue que voilà, un travail de longue haleine, ainsi je souhaite profiter de cet instant pour tendre une main vers ceux qui ont su être nos alliés par le passé. Nous avons laissé les vers corrompre la pomme, et celle-ci a fini par se décomposer. Heureusement, il suffit d’un arbre et d’un peu de temps pour que de nouvelles pommes naissent, et j’espère que nous trouverons face à nous des hommes et des femmes suffisamment responsables pour accepter cette poignée de main. Ghent se racla la gorge et prit une dernière inspiration. Mes amis, j’ai toujours servi l’Empire avec dévotion, et soyez assuré que jusqu’à mon dernier souffle, cette dévotion restera intacte. Vive l’Empire ! s’exclama-t-il en se mettant au garde à vous tout en frappant son coeur de son poing droit et de maintenir la position quelques secondes.

Les Impériaux rendirent son salut en scandant son nom ou bien des « vive l’Empereur », puis Ghent tourna finalement cérémonieusement les talons pour se réfugier dans le Palais. La lourde porte se referma derrière lui tandis que les acclamations se poursuivaient et résonnaient à travers toute la capitale.

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